Tony Gatlif est mort mercredi 2 septembre 2026 à Arles (Bouches-du-Rhône), à l’âge de 77 ans. L’annonce a été faite vendredi 4 septembre par sa famille à l’AFP : le réalisateur de Gadjo Dilo est décédé des suites d’un problème de santé, alors qu’il travaillait encore sur un projet de film historique. Le cinéma français perd le cinéaste qui, presque seul au monde, avait consacré l’essentiel de son œuvre aux Roms et aux gens du voyage.
En bref #
- Tony Gatlif est mort à Arles le 2 septembre 2026, des suites d’un problème de santé ; sa famille l’a annoncé le 4 septembre.
- Né le 10 septembre 1948 à Alger, d’un père kabyle et d’une mère gitane, il s’est éteint huit jours avant son 78e anniversaire.
- Il laisse environ 25 films réalisés depuis 1975, dont Latcho Drom, Gadjo Dilo, Vengo, Exils et Ange, son dernier long métrage sorti en 2025.
- Son palmarès compte le prix de la mise en scène à Cannes en 2004 pour Exils et deux César de la meilleure musique, pour des partitions qu’il composait lui-même.
L’annonce du décès de Tony Gatlif #
La famille du cinéaste a confirmé sa disparition à l’AFP vendredi 4 septembre 2026. Tony Gatlif est mort deux jours plus tôt, mercredi 2 septembre, à Arles, à la suite d’un problème de santé. Il avait 77 ans et travaillait encore sur un projet de film historique. Ce détail dit beaucoup de lui : jusqu’au bout, il est resté dans le mouvement et dans la création.
« La beauté de ses films, sa générosité, sa joie, sa poésie et son amour de la musique resteront pour toujours en nous »
— Son épouse, ses enfants et petits-enfants, dans un communiqué transmis à l’AFP le 4 septembre 2026
Ses proches lui ont souhaité « Latcho Drom », une expression tzigane qui signifie « bonne route » — et qui est aussi le titre de son grand documentaire musical de 1993. Difficile de trouver formule plus fidèle à son œuvre.
Les chiffres clés d’une carrière #
- 77 ans : son âge au moment de sa mort, huit jours avant ses 78 ans.
- Environ 25 films réalisés depuis La Tête en ruine en 1975.
- 2 César de la meilleure musique écrite pour un film (Gadjo Dilo en 1999, Vengo en 2001).
- 1 prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2004, pour Exils.
Qui était Tony Gatlif ? #
Né le 10 septembre 1948 à Alger, d’un père kabyle et d’une mère gitane, Tony Gatlif arrive en France en 1960, pendant la guerre d’Algérie. Son parcours ne ressemble pas à un récit bien lisse : des années cabossées, un passage en maison de redressement, la découverte du théâtre, puis le cinéma. Réalisateur, scénariste, compositeur et acteur, il a construit une identité artistique singulière, bâtie sur la route, le déracinement et les musiques populaires.
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Son nom reste associé à une obsession constante : donner une place à ceux qu’on regarde rarement — les Roms, les gens du voyage, les exilés, ceux qui vivent hors cadre. Le cinéma français a récemment perdu une autre de ses grandes figures avec la disparition de Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur de Cyrano de Bergerac ; avec Gatlif, c’est un tout autre versant du cinéma hexagonal qui s’éteint, celui des marges et de la fièvre musicale.
Le chantre du cinéma tsigane et rom #
On a souvent présenté Tony Gatlif comme le chantre du cinéma tsigane et rom, et le mot est juste. Là où d’autres filment les communautés gitanes comme un décor pittoresque, lui les filmait de l’intérieur, avec leurs langues, leurs gestes, leurs fêtes, leurs tensions. Rien de folklorique, rien de décoratif : à partir des années 1980, film après film, il a fait des Roms du monde entier le cœur battant de son œuvre — un cas à peu près unique dans l’histoire du cinéma.
Son cinéma avance avec l’exil et la liberté comme boussole. Il s’intéresse à la circulation des corps, aux frontières qu’on franchit, aux identités qui se construisent en marchant. Ses histoires parlent de musique, mais aussi de survie, d’errance et de dignité.
Latcho Drom et Gadjo Dilo, ses films les plus marquants #
Latcho Drom, en 1993, reste un sommet. Ce documentaire musical suit la longue route du peuple tsigane et avance presque comme une ballade, la musique au premier plan. Présenté à Cannes dans la section Un certain regard, il a fait comprendre à beaucoup de spectateurs que la musique, chez Gatlif, n’était pas un accompagnement : c’était la colonne vertébrale du récit.
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Puis il y a Gadjo Dilo (« l’étranger fou »), en 1997, le film qui l’a fait entrer dans un public beaucoup plus large. Romain Duris y incarne un jeune Français idéaliste parti sur les traces d’une chanteuse, jusque dans un camp tsigane de Roumanie, aux côtés de Rona Hartner. Le film déborde d’énergie, de chansons et de désir — souvent tendre, jamais tiède. Gatlif y rendait hommage à la musique tzigane, « une musique qui crie la peur et la douleur d’un peuple qui a mal à son âme », selon ses propres mots rapportés par l’AFP.
| Film | Année | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| Latcho Drom | 1993 | Documentaire musical sur la route du peuple tsigane, présenté à Cannes (Un certain regard). |
| Gadjo Dilo | 1997 | Son film le plus connu, avec Romain Duris et Rona Hartner ; César de la meilleure musique en 1999. |
| Vengo | 2000 | Plongée dans le flamenco ; César de la meilleure musique en 2001. |
| Exils | 2004 | Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2004, avec Romain Duris et Lubna Azabal. |
Un palmarès rare : Cannes, deux César… pour sa musique #
Le détail que les cinéphiles connaissent, et qui surprend souvent les autres : les deux César de Tony Gatlif ne récompensent pas sa mise en scène, mais sa musique. Il a reçu le César de la meilleure musique écrite pour un film pour Gadjo Dilo en 1999, puis pour Vengo en 2001 — il composait lui-même les partitions de ses films. La consécration de cinéaste, elle, est venue de Cannes : en 2004, Exils, qui suit le voyage de Zano et Naïma vers l’Alger que leurs parents avaient dû fuir, lui vaut le prix de la mise en scène.
En 2015, il est fait chevalier de la Légion d’honneur, insigne remis par la ministre de la Culture Fleur Pellerin, qui saluait alors un cinéma « ivre de liberté, à l’énergie débridée, vibrant d’émotions, de sons et d’inventivité ».
Un cinéma de musique, de route et de liberté #
Dans ses films, la caméra bouge, la musique prend toute la place, les langues se croisent. Chez Gatlif, le son raconte autant que l’image : dans Vengo (2000), le flamenco gronde ; dans Djam (2017), le rébétiko — cette musique née entre Grèce et Turquie — circule comme un souffle ancien ; dans Les Princes (1983), c’est la musique tzigane. La musique n’est jamais là pour faire joli : elle porte la mémoire, la joie, la colère, le désir de partir.
Ses derniers films et ce qu’il laisse #
Tony Gatlif a continué à tourner jusqu’au bout : Tom Medina, présenté à Cannes hors compétition en 2021, racontait la réhabilitation d’un jeune délinquant en Camargue — cette Camargue où lui-même avait été envoyé adolescent, sur décision de justice, et qui l’avait « sauvé », disait-il. Son dernier long métrage, Ange, est sorti en 2025. Romain Duris, son acteur fétiche, lui a rendu hommage sur Instagram avec trois mots en romani : « Latcho drom, moro dad » — « Bon voyage, mon père ».
Où (re)voir ses films ? #
Pour découvrir Tony Gatlif ou le revoir avec un œil neuf : Gadjo Dilo pour l’émotion immédiate, Latcho Drom pour la puissance musicale, puis Exils pour la question de l’identité et du retour. Plusieurs de ses films sont disponibles à la location numérique ou sur les plateformes de streaming — si vous hésitez sur la formule, notre guide des abonnements et prix Netflix 2026 fait le point. Les hommages des prochains jours devraient aussi ramener ses films à l’antenne et en salles.
Mini-FAQ #
De quoi est mort Tony Gatlif ?
Sa famille a indiqué à l’AFP qu’il est mort d’un problème de santé, le 2 septembre 2026 à Arles, alors qu’il travaillait sur un projet de film historique. Aucune autre précision n’a été communiquée.
Quels sont les films les plus connus de Tony Gatlif ?
Gadjo Dilo (1997), Latcho Drom (1993), Exils (2004, prix de la mise en scène à Cannes), Vengo (2000) et son dernier film, Ange (2025).
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Quel âge avait Tony Gatlif ?
Il avait 77 ans. Né le 10 septembre 1948 à Alger, il est mort le 2 septembre 2026, huit jours avant son 78e anniversaire.
À retenir #
- Tony Gatlif est mort le 2 septembre 2026 à Arles, à 77 ans, d’un problème de santé ; l’annonce est venue de sa famille le 4 septembre.
- Il était la grande voix du cinéma tsigane et rom, avec environ 25 films tournés entre 1975 et 2025.
- Son palmarès : prix de la mise en scène à Cannes 2004 (Exils), deux César de la meilleure musique (Gadjo Dilo, Vengo), Légion d’honneur en 2015.
- Il travaillait encore sur un projet de film historique au moment de sa mort.
Sources : franceinfo Culture avec AFP, CNews, Le Monde, communiqué de la famille à l’AFP (4 septembre 2026).
Les points :
- En bref
- L’annonce du décès de Tony Gatlif
- Les chiffres clés d’une carrière
- Qui était Tony Gatlif ?
- Le chantre du cinéma tsigane et rom
- Latcho Drom et Gadjo Dilo, ses films les plus marquants
- Un palmarès rare : Cannes, deux César… pour sa musique
- Un cinéma de musique, de route et de liberté
- Ses derniers films et ce qu’il laisse
- Où (re)voir ses films ?
- Mini-FAQ
- À retenir